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- نشر بتاريخ: 16 آذار/مارس 2009
De Tanger à Fnideq, en passant par Tétouan, pour ne citer que le cas de la région Tanger-Tétouan, un grand nombre de marchands ambulants squattent la chaussée et envahissent les espaces piétonniers, apportant ainsi une gêne à la circulation, notamment aux heures de pointe.
D’aucuns diront, dans une approche simpliste du phénomène, que mieux vaut vendre des fanfreluches à même le sol que de venir renforcer la cohorte de mendiants ou celle des truands qui sillonnent nos rues. Mais, il faut aussi tenir compte du fait évident que ce commerce informel ne fait pas que déranger les passants et les automobilistes : il porte également et surtout un grand préjudice aux commerçants qui tiennent un local avec pignon sur rue et paient leurs impôts et des frais généraux importants ( loyer, eau, électricité, personnel, etc).
Au lieu, donc, d’adopter une approche humanitaire inopportune, penchons-nous plutôt sur des exemples ayant donné des résultats probants de l’autre côté du Détroit.
En Espagne par exemple, même si le phénomène n’a pas été complètement éradiqué, des campagnes régulières sont organisées pour empêcher des individus d’étaler leurs marchandises à même le sol. C’est qu’en Europe, les responsables placent l’intérêt public au dessus de toute autre considération. Il n’y a pas d’approche humanitaire qui vaille face à l’occupation indue de la chaussée. Par contre, des alternatives existent pour permettre à ceux qui ne peuvent avoir un commerce formel, de vendre légalement leurs marchandises. C’est une question d’organisation.
Question d’organisation
Ainsi, dans plusieurs pays du Vieux Continent, les marchands ambulants, parmi lesquels ont trouve un nombre appréciable de Marocains, font le tour des marchés publics en trimant, dès les premières heures de la matinée, afin de pouvoir s’acquitter rapidement de formalités d’usage leur permettant d’exposer leur marchandise avant l’arrivée des premiers clients. Tâche fastidieuse qui prend beaucoup de temps, mais qui offre l’avantage d’une bonne organisation qui est, elle-même, un argument de vente. Bien entendu, dans ces conditions, les marchands ambulants paient une modeste taxe à la mairie ou à la commune rurale et peuvent ainsi s’adonner à leur activité le plus librement du monde.
Au Maroc, il y a un certain nombre de blocages qui empêchent l’adoption d’un cadre légal. D’abord, pour bon nombre de commerçants ambulants, il est plus avantageux de vendre à la sauvette plutôt que de se conformer à certaines règles. Car, en exposant à même le sol, ils s’offrent ainsi l’emplacement de leur choix pour vendre leurs marchandises au grand dam des commerçants du coin. Autre avantage, cette « liberté » les met de facto à l’abri de toute forme d’impôt, mot auquel ils sont particulièrement allergiques, si modeste soit le prélèvement.
Si c’est un choix délibéré, il faut sévir à double tranchant
En plus, dans bien des cas, une intervention musclée des forces de l’ordre peut virer à l’échauffourée puisqu’on commence, sans tarder, par invoquer l’atteinte au gagne-pain. Difficile équation à vrai dire, mais là où ça devient tout à fait inexcusable, c’est lorsque les marchands ambulants refusent purement et simplement toute forme d’alternative qui pourrait leur permettre de travailler en toute légalité. Prétexte invoqué : l’espace assigné éventuellement dans un marché public n’assure pas le même chiffre d’affaire. Dans ce cas, vendre ses marchandises à la sauvette devient un choix délibéré qui devrait être passible de représailles lourdes si l’intéressé rejette toute forme d’alternative viable. Répétons-le: il n’y a pas d’approche qui justifierait la pagaille. Or, pour conforter l’image d’un pays en pleine mutation, l’organisation doit prévaloir au nom de l’intérêt public.
Ismaïl HARAKAT, le journal de Tanger
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