- التفاصيل
- نشر بتاريخ: 22 نيسان/أبريل 2009
· L’économie est passée par 8 cycles depuis 1981
· Climat et conjoncture internationale déterminants
L’étude effectuée par le ministère des Finances sur la datation du cycle des affaires de l’économie indique que le Maroc a connu, à partir des années 80, huit cycles d’affaires complets. Le 9e, toujours en cours, a démarré au 4e trimestre 2000 et s’inscrit dans une phase d’expansion record de 31 trimestres. L’analyse montre à quel point aussi les conditions climatiques et la conjoncture économique internationale sont déterminants.
Le 1er cycle a commencé au 2e trimestre 1981 et a duré 8 trimestres. Il a atteint son sommet au 4e trimestre 1982. Les 6 trimestres d’expansion sont dus aux résultats de l’agriculture (47,6 millions de quintaux contre seulement 20 millions en 1981). Le 2e cycle a débuté au 3e trimestre 1983 pour s’achever au 2e trimestre 1987, soit une période de 4 ans. Ce cycle a connu un pic au 4e trimestre 1986 après 14 trimestres d’expansion. Pendant quatre ans, la croissance annuelle du PIB s’est inscrite à la hausse, passant de 2,2% en 1983 à 3,9% en 1984, puis à 4,4% en 1985 et enfin à 5,8% en 1986.
Le 3e cycle a duré 8 trimestres pour se terminer au 2e trimestre 1989. Le 4e cycle (du 3e trimestre 1989 au 4e trimestre 1990) n’a duré que 6 trimestres dont 4 d’expansion. Bien que modeste, la phase d’expansion s’explique par une demande interne soutenue et la consolidation de l’investissement (52,2 milliards de DH, en extension de 14% après celle de 18,8% un an auparavant).
Pour ce qui est du 5e cycle d’affaires, il est plus long et a duré dix trimestres, dont quatre d’expansion (couvrant l’année 1991), et six de récession après un pic au 4e trimestre 1991. Ce pic est imputable à la progression de l’offre due à une production agricole exceptionnellement élevée (85 millions de quintaux) et à l’accroissement de la demande. Au cours de ce cycle, le PIB a connu une croissance de 5,1%, soit le double de celui de l’année précédente. En ce qui concerne le 6e cycle, il a duré 8 trimestres, atteignant un pic au 4e trimestre 1994. Au total, ce cycle comporte 6 trimestres d’expansion durant lesquels l’économie nationale a été marquée par un taux de croissance particulièrement élevé (11,7%) grâce à une production agricole exceptionnelle: 94,5 millions de quintaux. Quant au 7e cycle, d’une durée de 8 trimestres, il a atteint son sommet au 4e trimestre 1996. Durant cette période, l’économie a bénéficié d’une bonne production agricole (99,8 millions de quintaux), de la reprise du secteur du tourisme et du dynamisme des transferts de fonds des MRE.
Concernant le 8e cycle, il est relativement plus long et a duré 13 trimestres: 6 trimestres d’expansion et 7 de récession. Le pic a été atteint au 4e trimestre de l’année 1998 après une amélioration dans le secteur agricole (65,5 millions de quintaux), une augmentation de la consommation en lien avec l’amélioration des revenus agricoles et la redynamisation des crédits aux ménages.
Les 8 cycles d’affaires enregistrés durant les décennies 80 et 90 ont été marqués par 13 années de sécheresse, entraînant de fortes oscillations de la production agricole et des secteurs de l’activité économique qui s’y rattachent en amont et en aval. De plus, à partir du 4e trimestre de l’année 2001, la datation des cycles d’affaires relève deux caractéristiques qualitatives. Il s’agit de la baisse notable de la volatilité, mesurée par l’écart type de la variation du PIB trimestriel, pour atteindre 1,38 contre 4,2 dans les années 90 et 2,9 dans les années 80. Autre caractéristique, la rupture avec les cycles d’affaires courts par l’amorcement d’une longue phase expansionniste record de 31 trimestres. Le ministère des Finances qualifie cette phase d’exceptionnelle car elle s’est réalisée dans une conjoncture difficile et instable, ponctuée par des aléas climatiques défavorables (2001, 2005 et 2007). Autres facteurs rendant cette phase inédite, l’instabilité des marchés financiers internationaux, la flambée des cours du pétrole et l’essoufflement de l’activité économique chez les principaux partenaires du Maroc.
La datation du cycle des affaires de l’économie fait également ressortir que la durée et l’amplitude des phases d’expansion étaient substantiellement plus longues que celles de la récession. Les gains de stabilité et de durabilité s’expliquent par une bonne politique économique et de la qualité des dispositifs institutionnels. Ce qui a valu à l’économie nationale d’accéder au rang d’Investment Grade décerné par l’Agence Fitch Rating, de décrocher le statut avancé avec l’UE et d’adhérer au comité du centre de développement de l’OCDE.
L'Economiste
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