La Fondation des Trois cultures de la Méditerranée a été le fruit d’une «démarche pionnière et audacieuse qui fait l’honneur du Maroc, de l’Andalousie et de l’Espagne en enrichissant le paysage institutionnel et culturel de l’espace euro-méditerranéen, a souligné mercredi à Rabat André Azoulay, conseiller de S.M. le Roi et président délégué de la Fondation des Trois cultures.

Lors d’une réception organisée à l’occasion du 10e anniversaire de la Fondation des Trois cultures de la Méditerranée, M. Azoulay a rappelé que dans un espace qui était celui de tous les clichés et de toutes les ignorances, la Fondation des Trois cultures a été l’une des premières institutions à résister à la théorie régressive du Choc des Civilisations.

Logée au sein du pavillon Hassan II, qui était le pavillon du Maroc lors de l’exposition universelle de Séville, la Fondation a envoyé à la communauté internationale le «signal de la modernité apportant une réponse forte et audacieuse au choc des ignorances qui a longtemps fragilisé ou miné nos relations», a ajouté M. Azoulay.

M. Azoulay a dit dans ce contexte sa fierté que ce soit le Maroc qui ait très tôt envoyé à la région de la Méditerranée et au monde ces signaux de la raison et de la maturité en politique.

«La Fondation sera vigilante et sera l’espace de régulation qui continuera à accompagner et à soutenir tous ceux qui travaillent à la refondation de la paix dans l’espace euro-méditerranéen, tous ceux qui se mobilisent pour que cette démarche ne reste pas celle des seuls gouvernements mais soit aussi celle de nos sociétés civiles solidaires et acteurs de cette nouvelle feuille de route de la Fondation».

 Le Message Royal lu il y a quelques mois au siège de la Fondation à Séville est à cet égard particulièrement significatif, a rappelé M. Azoulay en soulignant que S.M. le Roi avait alors déclaré que «le Monde a encore besoin de passeurs et de passerelles qui ont la légitimité et la crédibilité de Notre Fondation. Il en a besoin pour espérer voir disparaître un jour les stigmates de cette période trop longue où l’alibi du choc culturel adossé à l’instrumentalisation de nos spiritualités respectives, nous a fait prendre le risque de reculer et de régresser collectivement».

«C’est autour de ce défi de la raison à reconquérir et à reconstruire que devra s’ordonner demain la démarche de la Fondation des Trois cultures et des Trois religions de la Méditerranée», avait alors ajouté S.M. le Roi en concluant que «C’est à ce grand dessein qui additionne en les respectant les identités et les cultures de tous pour en faire une ou des civilisations communes que le Royaume du Maroc appelle et adhère, en faisant sienne la feuille de route que la Fondation aura à nous proposer dans cette perspective».

De son côté, le président du gouvernement autonome d’Andalousie (la Junta) et président de la Fondation des Trois cultures de la Méditerranée, José Antonio Grinan, a indiqué que la Fondation est «aujourd’hui une référence mondiale en matière de promotion de la culture de la tolérance, le respect et le progrès».

«La naissance de cette initiative, qui a été le fruit d’un engagement andalou-marocain, a marqué le début d’une nouvelle phase dans les relations entre les pays de la Méditerranée» et contribué à transformer cette région en un espace de paix et de dialogue, a-t-il relevé.

 «Notre engagement politique est plus que jamais présent pour construire une zone de prospérité partagée», a ajouté M. Grinan.

 Mettant en valeur l’héritage partagé et commun andalou et marocain, M. Grinan a enfin appelé à multiplier les efforts pour faire de la Méditerranée un espace de prospérité, de dialogue et de paix.

Lors de cette rencontre, une reproduction du Coran Nassiri datant de la période se situant entre les 13ème et 15ème siècles a été remise par le gouvernement autonome d’Andalousie à la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc.

 A ce titre, Larbi Messari, membre du Conseil d’administration de la Fondation des Trois cultures, a affirmé que le peuple marocain ne peut que se féliciter de ce présent parce que c’est un peuple qui voue une grande considération aux livres et manuscrits et à leur conservation.

Donnant un aperçu sur les méthodes de conservation des livres en Espagne et les ressources humaines et matérielles consacrées à l’archivage des ouvrages et manuscrits, M. Messari a affirmé que la conservation de la mémoire historique est une marque de la splendeur des peuples.

Pour sa part, l’ambassadeur d’Espagne au Maroc, Luis Planas, est revenu sur les principes fondateurs de cette institution qui, en se basant sur les valeurs de paix, de dialogue et de tolérance a contribué d’abord au rapprochement entre Marocains et Espagnols et permis d’échanger les points de vue sur nombre de questions d’intérêt commun.

 «La dimension humaine que préconise la Fondation est un vecteur d’intégration entre le Maroc et l’Espagne», a-t-il ajouté.

 La rencontre a été marquée par la présence notamment de Fadel Benyaïch, chargé de mission au cabinet Royal, Khalid Naciri, ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Bensalem Himmich, ministre de la Culture, Mme Nouzha Skalli, ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité, Ahmed Herzenni, président du CCDH, de plusieurs ambassadeurs et personnalités du monde de la culture et de la politique.

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