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Depuis quelques semaines, le Maroc inonde les grands investisseurs mondiaux de plaquettes publicitaires vantant le dynamisme de son économie. Avec ce genre de campagne, le souci, c'est que souvent le pays en vedette à quelque chose à faire oublier. De fait, le Maroc se situe au 128e rang du classement Doing Business de la Banque mondiale et au 73e de l'étude de compétitivité du World Economic Forum.

 Des notations qui font enrager les élites marocaines. A juste titre, si l'on en croit le flot croissant d'industriels adeptes du « Made in Morocco ». Tel Nexans , qui vient d'ouvrir une usine de câbles pour Airbus à Mohammedia, une ville industrielle au nord de Casablanca.

On le sait, depuis l'avènement de Mohammed VI en 1999, les projets déferlent sur le pays, pour beaucoup dans les infrastructures : autoroutes, tramways, ports et bientôt TGV vendu par Alstom .... Du coup, le cimentier Lafarge y aura investi plus de 200 millions d'euros en cinq ans. Holcim va doubler la capacité de son site de Fès pour 140 millions d'euros. Veolia réalise 500 millions de chiffre d'affaires. Suez est solidement installé après avoir repris en 1997 la gestion des eaux de Casablanca, ville où Bouygues a bâti l'imposante mosquée Hassan II dominant l'Atlantique. Mais, cette fois, c'est différent. A côté du BTP, du tourisme ou du logement (les cités poussent comme des champignons), depuis trois ou quatre ans, l'industrie est en pointe. Automobile, aéronautique, énergie ou offshoring (délocalisation de services informatiques) : les projets pleuvent d'Europe, du Japon ou des États-Unis. Lear, Safran , Faurecia, Sumitomo, Delphi, Takata... les nouvelles usines se succèdent. Certes, ces investissements restent mesurés (souvent moins de 20 millions d'euros) et concentrés sur des opérations à faible valeur ajoutée (sièges, faisceaux...), mais le Maroc se voit déjà en petit dragon de la Méditerranée.

A mi-chemin, entre l'Asie trop lointaine et l'Europe de l'Est trop chère. Plus grand que son rival tunisien. « On sent un réel décollage. Depuis trois ans, nous avons investi un an de chiffre d'affaires, 30 millions d'euros environ. Plus qu'en vingt ans », lance Jean-Baptiste Salles, le directeur d'Air liquide au Maroc. A Paris, la Fédération de la mécanique le constate : ses missions de prospection au Maroc affichent complet. Derrière ce « miracle », plusieurs clés : des indicateurs sains tirés par des bonnes récoltes, une ferme planification étatique et, surtout, l'annonce en 2007 d'un site Renault à Tanger... sans oublier un Smic à 1 euro de l'heure, près de neuf fois moins qu'en France. Pour percer ce Maroc nouveau, on doit se rendre à Tanger. Battue par les vents, la pointe nord du pays fut longtemps un morne point de passage pour touristes pressés ou émigrés rentrant au bled pour les vacances. Désormais, la ville se rêve en nouveau Detroit(…). Le Maroc se voit déjà en petit dragon de la Méditerranée.

 

Source : usinenouvelle.com

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