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- نشر بتاريخ: 23 تموز/يوليو 2010
Pendant que les grands cabinets professionnels se structurent et se restructurent, le côté touche-à tout se développe. De petits cabinets poussent comme des mauvaises herbes dans la savane africaine. La main invisible du marché fera-t-elle régner l’ordre ?
Si la consolidation prophétisée par tous les gourous du secteur tarde à venir, les rapprochements et les alliances, eux, sont bien là. L’activité de conseil au Maroc reproduit les mutations sociales du pays. Durant ces dix dernières années, la rentrée massive au bercail de la dernière génération d’une élite aujourd’hui aux commandes a fourni aux spécialistes du conseil les appuis qui lui faisaient défaut dans les années 90. « Les camarades de promos ont rétabli l’équilibre entre les cabinets marocains et leurs homologues étrangers, qui avaient la réputation de leur côté ». C’est ainsi que nous avons vu, tout au long des années 2000, de jeunes pousses (tels que Valyans et Capital Consulting) venir concourir sur des marchés autrefois dévolus aux multinationales. S’ils ont bien tracé leur sillon, il convient de le dire, ces jeunes cabinets marocains n’ont pas réinventé le feu. « Ils reproduisent au Maroc ce qui marchait ailleurs, à fort renforts d’expatriés », explique un de ces communicants new wave, dont le cabinet partage ses activités entre Casablanca et une grande capitale occidentale.
Pragmatisme contre romantisme
Pendant que ces cabinets professionnels se structurent et se restructurent, le côté touche-à-tout se développe. De petits cabinets poussent comme des mauvaises herbes dans la savane africaine. Sous-capitalisés, sous-développés, ces petits cabinets ne peuvent que se muer en experts en dénonciation. Leur cible idéale, le cabinet McKinsey, devenu, il est vrai, et au grè des marchés, l’incontournable stratège des ports, des routes, du tourisme, des MRE et de l’émergence. Concernant ce dossier McKinsey, deux écoles s’affrontent aujourd’hui à Casablanca, parfois à visage masqué. Il y a d’abord celle qui fait confiance à l’efficience du marché : c’est l’école du pragmatisme, qui n’a rien à reprocher à McKinsey ou Accenture, si ce n’est le niveau de rémunération. A côté de cette école du pragmatisme, il y a celle du romantisme qui veut « marocaniser » le conseil. Ce qui est aberrant, puisque, par définition, le conseil est une cellule vivante qui doit s’enrichir par delà les frontières. Certes, sur un certain nombre de sujets sensibles (secret défense), on peut imaginer le recours à des cabinets marocains agréés. Mais pour tout le reste, l’ouverture est le sacerdoce. Tout conseil qui ne peut évoluer que sous le protectionnisme radical démontre son incapacité à se mouvoir dans la mondialisation. Heureusement que l’école du romantisme semble perdre cette bataille au profit de sa consœur du pragmatisme. Mais l’une et l’autre doivent, tous les jours, affronter le problème de la cherté des ressources humaines.
Défaut de taille
Dans ce métier, les « neurones brûlent encore plus vite », déclare un spécialiste du système d’information bancaire, à peine remis de la perte d’un important marché à cause, sûrement, du défaut de taille. « Un conseiller c’est comme une batterie Duracell, c’est efficace, mais la durée de vie est limitée ». D’où des programmes de formation importants et coûteux. Est-ce cela qui explique la cherté du conseil ? Non, à entendre ce stratège, « le conseil est cher, car c’est l’outil indispensable à la démocratie et à la gouvernance de l’entreprise ». Et de claironner « il n’y a pas de conseil sans enjeu. La remise du conseil est un moment crucial pour le gestionnaire, qui reçoit un diagnostic externe qui rencontre rarement ses propres conclusions ». Combien de PDG ont été mis en minorité dans les conseils d’administration sur la base du conseil ? Combien ont forcé la décision grâce au conseil, en imposant aux membres du board des vérités que seul l’œil avisé et externe du conseil désintéressé pouvait déceler ?
Au Maroc, le cas de l’ancien PDG de Wana (téléphonie) est fort édifiant. Ce talentueux ingénieur avait tendance à opter à chaque fois pour la technologie la plus innovante, faisant de surcroit courir vite des banquiers et des financiers habitués à procéder par petits pas. Une expertise externe, aidée par les pertes accumulées, a été décisive pour le changement intervenu, depuis, à la tête de cette entreprise reconvertie au real technology. Bref, le conseil s’appuie d’abord sur l’expertise et l’expérience. C’est dire que nos jeunes, fraîchement diplômés de grandes écoles (Colombia, Harvard, Ecole Centrale de Paris) ne peuvent pas s’improviser conseil sans passer au préalable par l’apprentissage…
Les Afriques.
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