alt

- Les hommes d’affaires nationaux courtisés
- Turquie, pays du Golfe, les principaux relais à l’international

 

«Gouverner, c’est prévoir». Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement, semble l’avoir bien compris. Conscient de l’importance des réseaux économiques pour la réussite des politiques gouvernementales, le SG du PJD a tenu à tisser des liens avec les principaux opérateurs économiques nationaux.

Quelques semaines avant le début de la campagne électorale, il s’est déplacé au siège de la CGEM en compagnie de Mustapha El Khalfi et Najib Boulif, principaux concepteurs du programme du parti, devenus respectivement ministre de la Communication et ministre délégué des Affaires générales et de la gouvernance. Le message de Benkirane était clair: «Les hommes d’affaires n’ont rien à craindre si le PJD accède au pouvoir». Il n’a pas raté l’occasion pour courtiser les membres de la CGEM les invitant même à rejoindre les rangs de son parti. «En tant que secrétaire général, c’est son devoir d’inviter des hommes d’affaires à adhérer au PJD. Ceux-ci sont libres de rejoindre le parti en fonction de leurs convictions», explique Jamaâ El Moatassim, membre du bureau politique de cette formation.
Le PJD a commencé depuis quelques mois à approcher certains hommes d’affaires pour renforcer son équipe. Le cas de Samir Abdelmoula, ex-maire de Tanger, a été le plus médiatisé de cette nouvelle catégorie de membres du parti islamiste. Il n’a pas pu se présenter aux élections pour des raisons d’incompatibilité, et c’est son père, Abdelali Abdelmoula, qui a représenté le parti dans la circonscription de Sidi Kacem où il a décroché un siège. Globalement, le parti «développe de bonnes relations avec les hommes d’affaires, même s’ils restent dans leur majorité neutres idéologiquement», fait savoir Abdelaziz Aftati, membre du bureau politique du PJD. Les relations entre les deux parties devront se baser sur une approche win-win. «Lors de nos rencontres avec les membres de la CGEM, nous avons été informés des attentes des hommes d’affaires qui s’articulent essentiellement autour de la garantie des conditions de concurrence et l’assainissement du climat des affaires. Ceci figure en tête de nos priorités», note El Moatassim. Si le PJD qui conduit le gouvernement arrive à répondre à ces attentes, «il bénéficiera certainement de l’appui des hommes d’affaires», de l’avis du politologue Mohamed Darif. Néanmoins, «il ne faudra pas compter uniquement sur le PJD, qui reste un élément au sein d’une structure qui englobe trois autres partis», précise-t-il. C’est la stabilité politique née du processus initié par le discours du 9 mars 2011, qui a permis la mise en place d’une nouvelle Constitution et la désignation du gouvernement issue des élections anticipées, qui a abouti au retour de la confiance des investisseurs. Ce qui devra se traduire par une «relance de l’activité économique qui va favoriser la création d’emplois et permettre au gouvernement Benkirane de réduire la tension sociale liée à la problématique du chômage», explique le politologue. Surtout que l’équipe gouvernementale accède au pouvoir dans un contexte difficile marqué par la crise européenne qui aura certainement un impact sur la croissance nationale. D’où l’importance pour le chef du gouvernement de miser sur de nouveaux relais au niveau international pour consolider les leviers du développement. Sur ce point, «le gouvernement est conscient de l’importance du développement des relations avec les partenaires classiques, mais surtout de l’activation de nouveaux réseaux», concède El Moatassim. En clair, en plus de l’Europe et des Etats-Unis, il s’agit de «redynamiser les relations avec les Etats du Maghreb qui ont fait part de leur vision unioniste qui nous permettra de mettre en place un véritable pôle économique régional», avance Aftati. Reste que cette orientation bute sur la situation de blocage née de l’entêtement de l’Algérie concernant l’affaire du Sahara. Les dirigeants du PJD restent optimistes considérant que «l’Algérie sera amenée à changer de position, surtout que la mouvance islamiste y jouera certainement un rôle important dans la prochaine période», ajoute-t-il. La Turquie constitue également un autre relai de développement, surtout que les bonnes relations liant le PJD au parti islamiste au pouvoir sont de notoriété publique. Le PJD qui conduit la coalition gouvernementale va miser sur ce pays, après une période où l’accord de libre-échange mis en place n’était pas pleinement exploité.

 

Partenariats

«Certains membres de la diplomatie marocaine mettaient en garde contre le développement des relations avec la Turquie, évoquant les menaces liées à ses visées hégémoniques dans la région», déplore Aftati. Face à la crise européenne, le gouvernement Benkirane «devra orienter ses efforts vers la région du Golfe dont les relations avec le Maroc connaissent un développement notable». Le PJD, qui a manifesté sa volonté de diversifier les investissements, pourra y trouver son compte. Les dirigeants du parti ont également souligné qu’ils se dirigeront vers le développement du partenariat avec le nouveau régime libyen, notamment en favorisant l’exportation des produits marocains vers ce marché, mais aussi en drainant des investissements libyens dans le Royaume.

L'Economiste.com

أضف تعليق

Les points de vues exprimés dans les commentaires reflètent ceux de leurs auteurs mais ne reflètent pas nécessairement le point de vue officiel de Yawatani.com qui, par conséquent, ne pourra en être tenu responsable.
De plus, Yawatani.com se réserve le droit de supprimer tout commentaire qu'il jurera non approprié.


كود امني
تحديث