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- نشر بتاريخ: 26 تموز/يوليو 2010
Après avoir triomphé au Festival d’Avignon et aux Nuits de Fourvière, le spectacle Chouf Ouchouf, regarde, regarde encore fait escale à Paris ce soir, jeudi et vendredi soir dans les jardins du Palais Royal. Un cadeau du festival Paris quartier d’été à tous ceux qui ne sont pas partis en vacances.
Le groupe acrobatique de Tanger n’en est pas à son premier succès. La troupe achevait en 2009, 6 ans de tournée mondiale avec son spectacle Taoub créé par le metteur en scène français Aurélien Bory.
Ne vous attendez pas à un spectacle de cirque acrobatique, la famille Hamish et ses acolytes vous embarquent dans leur univers, direction le port de Tanger, à la porte de l’Afrique, face au rocher de Gibraltar…
Chef de fil de la troupe, l’acrobate Younès Hamich est issu d’une famille de saltimbanques. Son père lui a toujours raconté les Hamich étaient d’origine juive et que leurs ancêtres étaient venus d’Irak. La carrière de Younès commence à l’âge de 4 ans, à Londres, il fait l’acrobate dans le creux de la main de son père et fait la une des journaux.
Le spectacle commence dans une boîte de nuit ringarde où un DJ s’attarde lourdement sur chaque disque qu’il passe. Les acrobates entrent en scène et enchaînent les numéros mécaniquement.
Une vision furtive de leur vie de saltimbanque marocain, car chez eux, leur art se réduit à faire de petits numéros là où on les invite : dans les anniversaires, les restaurants ou les clubs… Younes, le fondateur du groupe regrette que son art ne soit reconnu Tout commence dans une boîte de nuit ringarde où le DJ commente chaque disque qu’il passe. Les acrobates entrent en scène et enchaînent leurs numéros mécaniquement. Une vision furtive de leur vie quotidienne, car dans leur pays, leur art ne se joue pas sur la scène des théâtres mais là où on les invite : dans les anniversaires, les restaurants ou les clubs. Younes Hamich regrette que son art ne soit reconnu à sa juste valeur dans son pays.
"Chez nous, il n’y a pas d’écoles d’acrobates, pas de subventions… Moi, mon père, mes tantes, toute ma famille enseigne l’art acrobatique. Mon père donne des cours aux enfants du quartier mais malheureusement personne ne l’aide à mener à bien ce projet. Nous, en tant que Marocains, nous aurions tant aimé que ce soit un de nos compatriotes qui nous soutienne. Mais il nous a fallu attendre l’aide d’un étranger ! C’est un français qui nous a donné du travail et qui nous appris tout ça. Si tous ces étrangers ne nous avaient pas aidé, nous n’en serions pas là aujourd’hui."

Effectivement, ce spectacle n’aurait pas été possible sans la complicité de deux artistes exceptionnels : le chorégraphe Martin Zimmermann et le compositeur Dimitri de Perrot qui ont su mettre en image l’univers de ces saltimbanques marocains. La mise en scène joue avec notre perception de l’espace et du temps : sur le plateau, les cubes se déplacent dans un chassé croisé où les corps disparaissent et réapparaissent, comme un mirage trompant le voyageur dans le désert.
Car pour comprendre l’origine de la tradition acrobatique en Afrique du Nord, il faut remonter au temps des caravanes lorsque les commerçants prenaient la route de la soie avec leurs dromadaires chargés de marchandises. A cette époque, les acrobates étaient embauchés pour scruter l’horizon et repérer à distance les groupes de pillards qui infestaient alors les routes. Et pour ce faire, ils montaient les uns sur les autres jusqu’à former une pyramide haute de plusieurs mètres comme celles que l’on peut voir dans le spectacle.
Le spectacle "Chouf ouchouf" nous montre que l’acrobatie est un langage, ces corps entremêlés nous racontent une histoire : celle des vendeurs à la sauvette dans les rues de Tanger, celle aussi des gamins qui s’accrochent aux cars de touristes pour entrer dans le port, la nuit dans le dédale de la médina assoupie…
Et puis il y a aussi le personnage récurrent du chaouch reconnaissable à son "tarbouch", ce chapeau rigide en feutre rouge et en forme de cône, marque de l’autorité administrative. Le chaouch est en quelque sorte l’indic du quartier, sans son intercession, pas de nouvelle carte d’identité par exemple. Alors tout le monde lui court après. Quand à ceux qui font la queue pour obtenir un visa, ils se retrouvent bien souvent livrés à eux-mêmes, entassés dans un container chargé sur un paquebot en partance vers l’Europe.
Traduction de la chanson Chouf ouchouf, une chanson populaire marocaine, celle de l’exilé nostalgique du pays qu’il a quitté…
Regarde o regarde,
J’ai quitté mon pays
Pour en rejoindre un autre
Ce que tu crois pouvoir fuir,
Là bas tu le retrouveras.
La vie que tu imagines ailleurs
N’est qu’une illusion
Tu peux fuir ton pays
Tu ne fuira pas ton destin
Regarde, o regarde
J’ai perdu la raison
J’ai quitté mon pays
Pour en rejoindre un autre
Ce que tu crois pouvoir fuir,
Là bas tu le retrouveras.
La vie que tu imagines ailleurs
N’est qu’une illusion
Tu peux fuir ton pays
Tu ne fuira pas ton destin
Regarde, o regarde
J’ai perdu la raison
Avec ce nouveau spectacle, le groupe acrobatique de Tanger entame une nouvelle tournée mondiale. Bookés jusqu’à la fin 2011, on les verra cet été en Suède et au Danemark, puis dans toute l’Europe et jusqu’à Hong Kong. Ce soir, jeudi et vendredi soir, ils sont les invités du festival Paris quartier d’été. Vous pourrez les voir sur la scène installée dans les jardins du Palais royal à partir de 22h30.
Et si vous les ratez cette fois-ci, vous aurez encore la chance de vous rattraper l’année prochaine, puisqu’ils sont déjà programmés pour plusieurs soirs au théâtre national de Chaillot en mai 2011
Et si vous les ratez cette fois-ci, vous aurez encore la chance de vous rattraper l’année prochaine, puisqu’ils sont déjà programmés pour plusieurs soirs au théâtre national de Chaillot en mai 2011
Source : france-info
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