- التفاصيل
- نشر بتاريخ: 01 كانون2/يناير 2009
· Pour autant, la reprise amorcée n’est pas remise en cause
· Retour presque à la normale dès 2010
Economistes et conjoncturistes sont pessimistes. Le niveau de la croissance mondiale passera à 0,9% contre 2,5% en 2008. Dans les pays de l’OCDE, la croissance du PIB pourrait se chiffrer à 0,1% en 2009 et remonter à 2,0% en 2010.
En revanche, la croissance des économies des pays émergents n’a pas perdu de sa vigueur, même si une légère baisse consécutive à l’impact de la crise financière en fait vaciller certains. Dans cette conjoncture peu favorable, l’économie marocaine tire son épingle du jeu. Elle a amorcé une reprise rapide de 6,2% en 2008 contre 2,7% en 2007, constatent les analystes du Haut commissariat au plan (HCP). Une performance portée par la bonne santé des secteurs non agricoles, notamment les télécoms, les services financiers et le BTP.
Les politiques de maîtrise des prix intérieurs (subvention des produits alimentaires et pétroliers, suppression provisoire des droits de douane sur les céréales, les actions de lutte contre la spéculation sur les prix des denrées alimentaires…) ont permis de maintenir le taux de l’inflation à un niveau relativement bas, comparé aux pays de la région. Il est de 1%. Des mécanismes que les économistes jugent «peu efficaces» pour contribuer à la lutte contre la pauvreté. Bien que la forte dépendance à l’égard de la subvention des produits pétroliers et alimentaires permette de limiter les pressions inflationnistes, le coût budgétaire à payer reste élevé. Les subventions consenties particulièrement aux produits énergétiques et denrées alimentaires ont triplé en deux ans pour atteindre 6% du PIB en 2008, qui est de l’ordre de 65,4 milliards de dollars.Mais, selon toute vraisemblance, le PIB au prix du marché, calculé en dollars constants de 2000, terminera l’année avec une forte hausse de 3,5 points de pourcentage. Il passera de 2,7% en 2007 à 6,2% en 2008. Pendant ce temps, le solde courant du PIB poursuit sa course négative de -0,3% puis de -4,5%. Il devrait se stabiliser à 1% puis à 1,7% respectivement en 2009 et 2010.
La note de conjoncture du HCP rendue publique le 30 décembre 2008 situe le taux de croissance économique à fin septembre à 5,4%. Soit une performance de + 2,9 points de croissance par rapport à la même période en 2007 où celle-ci était de 2,5%. Malgré des indicateurs au vert, les industries manufacturières affichent une croissance en recul. Leur taux est passé de 4,1% à 2,7%. De même, le BTP est tombé de 11,7 à 9,4%. Les activités liées à l’électricité et l’eau ont quasiment stagné après une performance de 9,1%, une année auparavant. Le commerce a enregistré une hausse de 2,9% contre 2,5% tandis que les services rendus aux entreprises et services personnels ont reculé de 3%. Les télécoms ont enregistré un contrecoup, tombant de 10,3% à 9% tandis que le transport performe de 3,6% à 8,7%.
Certaines activités leaders ont connu une baisse de leur valeur ajoutée en volume. Il s’agit des mines (-2,9% contre une hausse de 9,3%), du raffinage du pétrole (-7,7% contre 65,1%) et des hôtels et restaurants (-3,3% contre 4,8%). Il n’empêche que selon le HCP, le PIB a marqué une augmentation de 9,4% au 3e trimestre 2008, soit une hausse des prix de 4%. Mais les différentes prévisions pour 2009 tablent sur un PIB autour de 4%, qui devrait, selon les mêmes perspectives, remonter à 6% en 2010.
Des prévisions qui confortent le ministre des Finances, Salaheddine Mezouar, dans ses prospectives et analyses de la conjoncture. «En dépit d’une hausse de 146% du cours de pétrole, entre janvier 2007 et juillet 2008, et une élévation du prix du blé de 124% sur la même période, le Maroc a pu préserver son équilibre budgétaire».
Certes, la facture énergétique a largement contribué à la dégradation du solde commercial. Mais le Maroc a préservé un compte courant proche de l’équilibre et la remontée de l’inflation est restée à un niveau maîtrisé. Reste à espérer que la crise financière internationale n’aura pas d’impact sur le secteur financier, «étant donné que les banques marocaines ne détiennent pas de créances hypothécaires toxiques et que leurs avoirs à l’étranger restent modestes par rapport à leurs fonds propres», répète Mezouar. La part du flottant des investissements étrangers à la Bourse de Casablanca ne dépasse pas 1,8%.
Néanmoins, les experts de la Banque mondiale persistent à dire que le rythme de croissance des pays en développement subira l’impact du ralentissement des économies de l’OCDE, sous l’effet conjugué de la compression des flux commerciaux. Impact qu’ils imputent également au recul des prix des produits de base non énergétiques et des perturbations subies au niveau des apports financiers.
L'Economiste
النسخة الفرنسية
De plus, Yawatani.com se réserve le droit de supprimer tout commentaire qu'il jurera non approprié.