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- نشر بتاريخ: 01 كانون2/يناير 2009
· La confiance des investisseurs reste intacte
Face à la faillite du système financier international, l’attractivité du Royaume en matière d’investissements étrangers directs (IDE) serait-elle en train de s’essouffler? Le comportement des IDE en 2009 partage sensiblement les avis. Nombreux sont les analystes qui s’accordent à dire que la crise internationale pourrait «presque s’avérer salutaire» à la dynamisation des IDE vers notre pays. «Avec la crise, l’on doit s’attendre, à partir de l’année prochaine, à de grandes vagues de délocalisations d’entreprises étrangères vers notre pays», affirme-t-on à la direction des investissements extérieurs (DIE). Des externalisations qui supposent davantage d’IDE vers les pays émergents, notamment vers le Maroc qui possède un statut avancé avec l’Europe. Ces extrapolations restent d’ailleurs confortées par les récentes prévisions du Fonds monétaire international (FMI). Ces dernières annoncent, en effet, une croissance économique du Royaume à 6%. L’autre argument avancé par les analystes est le comportement de certaines filiales étrangères. Ces dernières, crise ou pas, n’ont à aucun moment modifié leurs programmes d’investissements, «ce qui démontre que la confiance des investisseurs reste intacte», indique-t-on à la DIE. Les IDE devraient donc maintenir leur vitesse de croisière. Certes, le solde des transactions courantes devrait, à moyen terme, connaître une légère baisse. Mais l’on table toutefois sur des rentrées assez soutenues d’IDE qui devraient du coup renforcer les réserves extérieures. En revanche, d’autres observateurs, moins optimistes, tablent sur de véritables tassements des flux d’investissements étrangers en 2009. Pour ces derniers, l’Europe, partenaire privilégié du Maroc et principal investisseur, est en train de «présenter des signes de fatigue» ce qui devrait se répercuter négativement sur les flux des investissements en provenance du vieux continent. Investissements qui ont toutefois marqué en 2008 un saut qualitatif. A fin août (avant la crise), leur croissance se situait autour de 53% par rapport à décembre 2007, soit 13,4 milliards de DH. Pour leur part, les IDE arabes, notamment ceux des pays du Golfe, semblent de plus en plus «snober» le Maroc. Ces derniers ont d’ailleurs régressé de près de 77%, soit 4,7 milliards de DH à fin août 2008 au lieu de 20 milliards en 2007. Il faut dire que la tendance cette année a été globalement orientée «baisse». Les investissements étrangers au Maroc ont accusé un retrait qui se chiffrait à 25,6 milliards de DH (16,8%). Précisons par ailleurs que les 25,6 milliards de DH englobent à la fois les IDE et les prêts privés étrangers. Les IDE représentent cependant 83% de ce total.
Mohamed MOUNADI
· Des mesures pour relancer les échanges
· Les phosphates sauveront-ils encore la mise ?
Le commerce extérieur devra-t-il changer d’orientation en 2009? Depuis quelques mois, le gouvernement avait été interpellé par la situation de la balance commerciale. Abdellatif Maâzouz, ministre du Commerce extérieur, avait, lors de sa présentation au Conseil de gouvernement du 17 juillet, insisté sur la situation des échanges extérieurs, qui avait notamment débouché sur la détérioration du compte des transactions courantes. Une situation inédite, que le Royaume n’avait pas eu à affronter auparavant.
Au premier semestre 2008, le solde entre les importations et les exportations s’était creusé de 43,94 milliards de DH, contre 25,58 milliards au premier semestre 2007. Ce qui a poussé le premier ministre Abbas El Fassi à mettre en place une commission interministérielle pour venir en aide à Maâzouz. L’objectif est de comprendre la question du déficit de la balance commerciale «dont la chute depuis 48 ans bientôt intrigue les économistes les plus chevronnés». La balance des échanges de biens et services laisse apparaître, à fin octobre 2008, un taux de couverture de 73,2%, contre 80,2% un an auparavant. Les exportations de biens, exprimées en termes FOB, se sont appréciées de 32,8%, s’élevant ainsi à 135,2 milliards de DH contre 101,8 un an auparavant. Une fois encore, ce sont les phosphates et dérivés qui s’illustrent, leurs exportations ayant quasiment triplé, atteignant 48,6 milliards de DH contre 18,1 en octobre 2007. En comparaison, les ventes hors phosphates et dérivés n’ont augmenté que de 3,4%, ce qui les élève à 83,7 milliards de DH. Les phosphates et dérivés doublent ainsi leur part dans le total des exportations, passant à 36% contre 17,8% à fin octobre 2007. Selon le Haut commissariat au plan (HCP), le PIB réel a progressé de 6,5% au 2e trimestre 2008 après un accroissement de 7 % durant le 1er trimestre. Pour rappel, le ministère de l’Economie et des Finances avait tablé sur une croissance de 6,8% à fin 2008. Cependant, pour certains experts, la grosse inquiétude réside, selon eux, dans le fait que les perspectives n’augurent rien de bon. Impacté directement par le renchérissement des cours internationaux des matières premières et du pétrole, «le déficit de la balance commerciale semble se creuser davantage», font-ils remarquer. Pour y remédier, l’équipe de Maâzouz avait concocté tout un programme dont quatre nouvelles «orientations stratégiques». La feuille de route du ministre propose la mise en place d’une stratégie de promotion des exportations, de régulation, de veille économique et suivi des marchés et d’adaptation du cadre opérationnel et des dispositifs réglementaires. Ces mesures seront-elles suffisantes, alors que les experts du FMI, dans leur dernier rapport sur le Maroc , se montrent particulièrement pessimistes? «Le renchérissement des cours des matières premières pourrait entraîner une nouvelle dégradation de la balance commerciale, malgré la forte augmentation du prix des phosphates».
L'Economiste
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