Abdelfateh Benamr, prothésiste basé à la médina de Rabat, explique ainsi avoir "appris la profession auprès de son père" et débuté sa carrière en 1978 "avant l'ouverture de la première faculté de médecine dentaire (en 1981 à Casablanca, NDLR) et l'arrivée des dentistes".

Avec la création d'un cursus dédié et à mesure que les dentistes diplômés sont arrivés sur le marché, de nombreux prothésistes marocains se sont retrouvés exclus d'une activité qu'ils exerçaient pourtant auparavant. "Nous sommes 30.000 prothésistes aujourd'hui" sur un secteur restreint, "c'est un gros problème", argumente Abdelfateh Benamr.

Fatima, une femme au foyer d'une cinquantaine d'années, souffre d'une infection dentaire après un passage chez un faux dentiste, ce qui l'a poussée à en consulter un "vrai". "Je pensais faire des économies. Me voilà en train de payer le double!", se lamente-t-elle. "C'est la dernière fois que je me fais charcuter par un charlatan!"

La médecine dentaire n'est pas la seule discipline médicale concernée, même si elle est manifestement la plus touchée.

Rachid Choukri, président de la Fédération des médecins généralistes privés du Maroc, affirme que les "charlatans pullulent dans les villes. Ils ont pignon sur rue, soignent beaucoup de pathologies, prescrivent des ordonnances, demandent des analyses. Dieu sait ce qu'ils donnent comme produits aux gens. C'est dramatique!".

"Ils n'ont pas suivi de formation. Et quand c'est le cas, ce n'est pas pour être médecin. Des diététiciens s'affichent docteur, des sages-femmes s'improvisent gynécologue-obstétricien (...) C'est ce qu'on appelle le troisième secteur", une zone grise en marge des secteurs public et privé, étaye-t-il. Il n'existe aucune donnée statistique, mais les professionnels du secteur médical estiment qu'il y aurait plusieurs milliers de praticiens illégaux. "L'État en est conscient, mais ne fait rien pour arrêter ça. Car il faudrait leur trouver un job, les recaser", dit Rachid Choukri.

Publiquement, le ministère de la Santé condamne ces agissements. Mais sollicité par l'AFP, il n'a pas exposé les mesures prises ou envisagées pour lutter contre ce phénomène.

le360

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